Exposition de "Nostalgia",fotogalleriet,Oslo , septembre 1995

Une photo nostalgique par Nadine Combet, Centre Georges Pompidou (paris) 1996
L'exil, la rupture avec ses racines amènent Payram à faire un long travail de retour aux sources depuis les vestiges de l'enfance jusqu'à l'homme adulte face à ses souvenirs. Ce sont des photos de la mémoire enfouie et de la déchirure. " Mémoire " est le titre global d'une série de plusieurs sujets photographiques. Chacun d'eux est traité pendant un an. Ils illustrent le parcours d'un exilé, loin de son pays. Ainsi se suivent " l'enfance ", " le rêve ", " quelque chose noir " , " nostalgia " et " nature morte ". Dans " Nostalgia ", série à laquelle appartiennent ces photos, la personne est dans un face à face avec sa dimension perdue. Elle cohabite sur la photo avec les objets qui peuplent sa mémoire. Passé et présent se mêlent et deviennent tangibles par l'image.
Payram travaille dans l'obscurité totale. Il utilise un appareil Polaroïd. Il peut ainsi faire des repérages immédiats, juger et modifier sa photo.
Il fait des poses très lentes, ce qui lui permet, en éclairant à la torche certains objets, certains détails, d'impressionner la pellicule là où il le souhaite laissant dans l'ombre le reste de l'espace. Les êtres et les choses avec ce traitement semblent sortir de l'au-delà.
Dans la série " Nature morte ", les photos de Payram ne sont plus dans les ténèbres. Elles s'en libèrent peu à peu pour accéder à la lumière naturelle. Comme s'il se libérait de quelque souffrance.

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